À l’occasion de la première édition de son forum scientifique consacré à l’hypertension artérielle et au diabète, organisée mardi 11 août à Bujumbura, la 20e promotion des étudiants internes en médecine de l’Université de Ngozi a appelé à renforcer la prévention et le dépistage. Médecins et responsables universitaires alertent notamment sur les complications cardiovasculaires et rénales de ces maladies et plaident pour une meilleure prise en charge au Burundi.
Un forum scientifique consacré à l’hypertension artérielle et au diabète, première édition, a été organisé ce mardi 11 août 2026 par la 20e promotion des étudiants internes en médecine de l’Université de Ngozi, au campus de Bujumbura.
Les orateurs ont particulièrement mis l’accent sur ces deux pathologies. Parmi eux, le cardiologue Dr Herménégilde Nahayo a montré que l’hypertension artérielle reste l’une des principales causes de mortalité dans le monde.
« L’hypertension artérielle est la maladie chronique la plus fréquente. Un quart de la population mondiale adulte de plus de 40 ans souffre de cette maladie. C’est la première cause de prescription médicamenteuse et le premier facteur de risque cardiovasculaire, que ce soit pour les événements cardiovasculaires majeurs ou les AVC, qu’ils soient hémorragiques ou ischémiques », a rappelé le Dr Nahayo.
Ce n’est pas tout. Selon lui :
« Elle est le premier facteur à l’origine du syndrome coronarien aigu, qui constitue l’une des principales causes de mortalité dans le monde. Elle est également la première cause d’insuffisance rénale chronique chez les patients dialysés », a-t-il ajouté.
Selon le cardiologue, une approche communautaire est nécessaire pour lutter contre cette maladie, mais aussi pour créer des centres de compétences de référence capables de prendre en charge ses complications, notamment les AVC, l’insuffisance rénale et bien d’autres pathologies. Il a également souligné que certains médicaments nécessaires à la prise en charge de ces maladies restent encore indisponibles au Burundi.
Le diabète, un autre « tueur silencieux »
Parlant du diabète, la diabétologue Dr Elcy Bénitha Kaneza a fait savoir que cette pathologie constitue elle aussi un tueur silencieux. Elle a appelé à un dépistage annuel volontaire, surtout à partir de 35 ans.
« Au Burundi, comme partout ailleurs, le diabète est une urgence sanitaire, car 11 % de la population mondiale est atteinte de diabète », a-t-elle indiqué.
Ce qui inquiète davantage, selon la Dr Kaneza, c’est que les quatre cinquièmes des patients diabétiques vivent dans les pays en voie de développement.
Le recteur appelle à davantage de sensibilisation
De son côté, le recteur de l’Université de Ngozi, l’abbé Apollinaire Bangayimbaga, a salué l’organisation de cette journée par les lauréats de cette université, estimant que la sensibilisation sur ces maladies est aujourd’hui particulièrement nécessaire.
« C’est un signe qu’ils ont la vocation de soigner et d’aider pour que la population burundaise soit en bonne santé », s’est réjoui le recteur.
Selon lui, au regard des difficultés socio-économiques que connaît actuellement le pays, il existe un grand risque de voir augmenter le nombre de Burundais atteints de ces maladies.
« Il faut qu’on parle souvent de ces maladies parce que, maintenant, la population a des difficultés sur le plan économique et financier. Elle ne mange pas bien, elle ne se repose pas bien. Alors, nous risquons d’avoir beaucoup de cas de ces maladies », a-t-il averti.
La journée s’est clôturée par une cérémonie de reconnaissance au cours de laquelle les lauréats ont rendu hommage à leurs enseignants ainsi qu’à d’autres membres du personnel de l’Université de Ngozi, qui ont contribué à leur formation.
Des certificats leur ont été décernés en reconnaissance de leur engagement et du parcours accompli par cette 20e promotion de médecine au sein de cette université privée.

























