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Burundi : À Bujumbura, la crise des transports met les usagers à rude épreuve

Sous un soleil accablant, des centaines de personnes restent debout, les yeux rivés vers la route dans l’espoir de voir arriver un bus. Certaines attendent depuis plusieurs heures. D’autres finissent par rebrousser chemin, faute de transport. À Bujumbura, la pénurie de carburant continue de désorganiser le transport public et bouleverse le quotidien de milliers d’habitants.

Depuis jeudi, les principaux parkings de la capitale économique connaissent une rareté inhabituelle des bus et minibus. Très tôt ce vendredi matin 03 juillet 2026, les files d’attente s’allongeaient déjà dans plusieurs parkings, où travailleurs, commerçants et familles partageaient la même inquiétude : comment rejoindre leur destination ?

Àu parking sud du centre ville de Bujumbura desservant Nyabiraba, l’attente s’est transformée en résignation. « Il y a une personne qui devait se rendre à Nyabiraba. Elle a finalement décidé de laisser ses bagages en consigne, car depuis ce matin, aucun véhicule n’est arrivé », raconte un porteur de bagages au centre-ville de Bujumbura. Autour de lui, des usagers consultent régulièrement leur téléphone, espérant une bonne nouvelle ou un moyen de transport alternatif, tandis que d’autres s’assoient à même le sol, épuisés par les heures d’attente.

Pour ceux qui ont la chance de trouver un véhicule, le voyage est loin d’être confortable. Les rares bus en circulation sont pris d’assaut. « Ce matin, j’ai pris un bus au Petit Séminaire de Kanyosha. Le convoyeur nous a obligés à nous asseoir à six sur un siège, puis il nous a fait payer 1 000 FBu chacun alors que le ticket officiel est de 600 Fbu, y compris les passagers qui voyageaient debout. Maintenant, je me demande comment je vais rentrer chez moi », confie un passager, visiblement préoccupé.

La pénurie alimente également une flambée des tarifs. Les taxis ou les vehicules des individus communément appelés Cangacanga, qui assurent la desserte du sud de Bujumbura, demandaient jusqu’à 5 000 FBu par passager à partir de 11 heures ce vendredi, selon plusieurs usagers. Pour de nombreuses familles, ces montants représentent une dépense difficile à supporter, obligeant certains à renoncer à leurs déplacements ou à parcourir de longues distances à pied.

Au-delà des désagréments, cette crise affecte profondément la vie quotidienne. Des employés arrivent en retard sur leur lieu de travail, des commerçants voient leurs activités ralentir et des parents s’inquiètent de ne pas pouvoir récupérer leurs enfants ou honorer des rendez-vous importants. Dans les parkings, la fatigue se lit sur les visages. Entre impatience, découragement et incertitude, beaucoup disent ne plus savoir à quel moment ils pourront rentrer chez eux.

Cette situation intervient dans un contexte de pénurie persistante de carburant. Dans la matinée de ce vendredi 3 juillet 2026, la Société pétrolière du Burundi (SOPEBU) a publié une nouvelle liste des stations-service qui devaient être approvisionnées. Il s’agit de la première communication de ce type depuis celle du 29 juin 2026, alors que les automobilistes, les transporteurs et les usagers attendaient des informations sur les points de ravitaillement.

En attendant un retour progressif à la normale, la population continue de subir les conséquences de cette crise : longues heures d’attente, hausse des coûts de transport, surcharge des véhicules et difficultés à accéder aux services essentiels. Dans les parkings de Bujumbura, une même question revient avec insistance : combien de temps cette situation va-t-elle encore durer ?

 

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