L’Observatoire de lutte contre la corruption et les malversations économiques (OLUCOME) s’inquiète du faible niveau de mobilisation des recettes issues du secteur minier ainsi que du manque de transparence dans la gestion budgétaire au Burundi. Ces préoccupations ont été exprimées le 11 juin 2026 à Bujumbura lors d’une conférence de presse animée par le président de l’organisation, Gabriel Rufyiri.
Selon les chiffres présentés par l’OLUCOME, les recettes minières attendues dans le budget de l’État pour l’exercice 2024-2025 étaient estimées à près de 26 milliards de francs burundais. Toutefois, seulement 5,655 milliards de francs burundais ont été effectivement encaissés, soit à peine 21 % des prévisions. Pour l’exercice budgétaire 2026-2027, le gouvernement prévoit désormais des recettes minières limitées à cinq milliards de francs burundais.
Face à cette situation, Gabriel Rufyiri s’est interrogé sur le sort réservé au reste des revenus qui étaient attendus du secteur minier. Il a également relevé que les dons extérieurs inscrits dans le budget 2024-2025, évalués à 362 milliards de francs burundais, n’auraient pratiquement pas été décaissés. Quant aux financements destinés aux projets de développement, estimés à 1 094 milliards de francs burundais, leur taux d’exécution n’aurait atteint que 29 %.
Le président de l’OLUCOME a rappelé que l’article 69 de la Constitution du Burundi protège les richesses nationales et impose à chaque citoyen le devoir de dénoncer les auteurs de détournements des biens publics. Il a estimé que la gestion des ressources publiques devrait être davantage soumise au contrôle citoyen.
Gabriel Rufyiri a par ailleurs dénoncé les restrictions imposées à la participation du public aux débats budgétaires. Selon lui, depuis plus de trois ans, l’OLUCOME demande à assister aux discussions sur le budget au Parlement sans obtenir d’autorisation. Il s’est interrogé sur la représentativité d’une institution parlementaire qui ne permet pas aux citoyens de faire entendre leurs préoccupations.
Pour le responsable de l’OLUCOME, chaque citoyen devrait avoir le droit de suivre le processus d’élaboration du budget de l’État et d’en comprendre les orientations. Il estime que le déficit de transparence observé dans ce domaine explique les faibles performances du Burundi en matière d’ouverture budgétaire, évaluée à 8 %, tandis que la participation citoyenne au processus budgétaire est estimée à 0 %.
Intervenant également lors de cette conférence de presse, l’ancien député Pascal Gikeke a fait remarquer que les dépenses publiques continuent d’augmenter sans que les citoyens ne perçoivent clairement leurs retombées dans leur quotidien. Selon lui, malgré les bilans souvent jugés satisfaisants par les autorités, les conditions de vie de la population demeurent difficiles.
Il a souligné que l’augmentation du budget de l’État s’accompagne généralement d’une hausse des taxes et des impôts, alors que les revenus des ménages n’évoluent pas au même rythme. Pascal Gikeke a ainsi appelé le gouvernement à mettre en place des mesures susceptibles de réduire le coût de la vie et d’améliorer le pouvoir d’achat des citoyens.
Le budget général de l’État pour l’exercice 2026-2027 dépasse les 8 000 milliards de francs burundais, contre environ 5 000 milliards lors de l’exercice précédent, soit une augmentation de près de 64 %. Cette évolution continue de susciter des interrogations quant à l’efficacité de l’utilisation des ressources publiques et à leur impact réel sur le développement du pays.

























