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Le festival « Source of Culture » veut redonner vie au patrimoine culturel burundais

Face à l’érosion progressive des traditions burundaises, l’association LINOX, en partenariat avec le ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Culture ainsi que le ministère du Commerce, de l’Industrie et du Tourisme, lance une initiative destinée à réconcilier les jeunes avec leur héritage culturel. Baptisé « Source of Culture » (« La source de la culture »), ce festival se tiendra du 30 juillet au 1er août 2026, devant le stade Intwari, sur le boulevard de l’Indépendance, à Bujumbura.

L’annonce a été faite ce jeudi 2 juillet 2026 lors d’une conférence de presse. Pour Idris Maniragaba, membre du comité d’organisation, le festival ne sera pas seulement un rendez-vous festif, mais aussi un travail de terrain. Avant son ouverture, les organisateurs, accompagnés de journalistes, parcourront les cinq provinces du Burundi afin de rencontrer les détenteurs de savoirs traditionnels, découvrir les talents locaux et mettre en lumière les richesses culturelles propres à chaque région. L’objectif est de faire de cette diversité le cœur même du festival.

À l’origine du projet, Bruno Roger raconte que l’idée est née d’un constat préoccupant : de nombreuses traditions burundaises disparaissent peu à peu de la vie quotidienne, notamment chez les jeunes. Pour lui, il est urgent de créer un espace où les nouvelles générations pourront redécouvrir ce patrimoine et en être fières. Le festival mettra ainsi à l’honneur les danses traditionnelles, les chants en kirundi, les tambours, les danses guerrières, les mets et boissons traditionnelles, mais aussi les métiers d’art et les techniques ancestrales qui témoignent du savoir-faire burundais.

Cette inquiétude est également partagée par le ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Culture. La directrice générale chargée du patrimoine culturel, Aline Munyaneza, observe que les jeunes sont aujourd’hui davantage tournés vers les nouvelles technologies et les tendances modernes, au risque d’oublier les pratiques culturelles qui ont façonné l’identité du pays.

Selon elle, la situation est d’autant plus préoccupante que l’histoire du Burundi s’est longtemps transmise oralement. Les gardiens de cette mémoire sont aujourd’hui des personnes âgées, dont les témoignages risquent de disparaître avec le temps s’ils ne sont pas recueillis. Elle appelle ainsi les jeunes à devenir les nouveaux dépositaires de cet héritage en le documentant à travers des écrits, des photographies, des enregistrements et des vidéos afin de le transmettre aux générations futures.

Aline Munyaneza souhaite également voir naître des fédérations nationales pour chacun des domaines du patrimoine culturel. À ses yeux, ces structures permettraient non seulement de mieux organiser les acteurs culturels, mais aussi de donner à chaque expression culturelle des responsables capables d’assurer sa promotion, sa protection et de mobiliser des partenaires pour son développement.

En apportant leur soutien à « Source of Culture », les ministères de la Jeunesse, des Sports et de la Culture ainsi que du Commerce, de l’Industrie et du Tourisme voient dans cette initiative bien plus qu’un simple festival. Ils y perçoivent un moyen de préserver la mémoire collective, de renforcer l’identité culturelle du Burundi et de contribuer, à travers la valorisation du patrimoine national, à la réalisation de la Vision Burundi 2040-2060.

 

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