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Une personne décédée et près de 80 pour cent du maché central de Ngozi parti en fumées

Le marché central de Ngozi a été ravagé par un violent incendie dans la nuit de jeudi à vendredi. Le sinistre s’est déclaré aux environs de 22 heures, et a détruit la quasi-totalité des infrastructures commerciales, plongeant les commerçants dans le désarroi. Ceux-ci plaident pour une reconstruction durable.

Selon plusieurs commerçants présents sur les lieux, le feu a pris naissance à l’entrée du marché, près du parking, avant de se propager rapidement à l’ensemble des installations. Un premier camion de lutte contre les incendies est intervenu, mais l’eau qu’il transportait s’est rapidement épuisée sans permettre de maîtriser les flammes. Le véhicule a dû se rendre dans les marais pour se réapprovisionner, alors que l’incendie continuait de gagner du terrain.

Entre-temps, les policiers, épaulés par des habitants, ont tenté de contenir le feu, mais leurs efforts sont restés vains. Deux autres camions de lutte contre les incendies, dont un en provenance de Gitega, sont finalement arrivés vers minuit. Malgré cette intervention, l’essentiel du marché avait déjà été consumé.

Seul un bâtiment à étage, composé de kiosques situés le long de la route nationale Ngozi-Mwinga, a échappé aux flammes. Jusqu’à 11 heures ce vendredi, des foyers d’incendie restaient encore visibles sur le site, où commerçants et habitants, visiblement sous le choc, continuaient de constater l’ampleur des dégâts.

Face à cette catastrophe, les commerçants dressent un constat amer.

« Tout le marché   a été presque réduit en cendres, car tous les kiosks qui avaient des marchandises de grande valeur sont parties en fumée », a raconté un des victimes du sinistre.

 

 

Certains expliquent avoir assuré leurs marchandises, tandis que d’autres regrettent de ne pas avoir souscrit d’assurance. Tous lancent toutefois le même appel : la reconstruction du marché avec des infrastructures modernes et plus résistantes au feu. Ils rappellent qu’il s’agit du deuxième incendie majeur ayant frappé ce marché, après celui de 2021, qui avait déjà détruit de nombreuses constructions en bois.

Les commerçants mettent également en cause le manque d’eau dans la ville de Ngozi. Selon eux, la pénurie qui touche plusieurs quartiers a considérablement compliqué les opérations d’extinction et contribué à l’ampleur des dégâts. Ils demandent aux autorités de renforcer durablement l’approvisionnement en eau afin d’éviter qu’une telle situation ne se reproduise.

Une autre grogne des commerçants ayant perdu leurs marchandises, c’est l’absence sur place des camions extincteurs qui pourraient intervenir pour que les dégâts ne soient pas énormes.

« Nous demandons que les équipements d’intervention soient toujours disponibles   pour être déployé à temps, en cas de tels incidents », a demandé un autre commerçant.

 

Au-delà de la province de Butanyerera, les conséquences de cet incendie se font ressentir dans d’autres régions du pays. Le marché central de Ngozi constituait en effet un important centre d’approvisionnement pour de nombreux commerçants venus de différentes provinces.

Le gouverneur de la province de Butanyerera, Victor Segasago, s’est rendu sur les lieux du sinistre afin d’apporter son soutien aux victimes. Il les a invitées à garder espoir, soulignant que tant que la vie est préservée, il est toujours possible de reconstruire et de retrouver progressivement les biens perdus.

L’autorité provinciale a également demandé que toute personne souffrant d’un traumatisme psychologique bénéficie rapidement d’une prise en charge adaptée.

« Nous avons   constaté qu’il y a ceux qui ont été traumatisés par les faits et une personne est décédée pour la même cause, et nous voudrions demander que toute personne qui verrait son voisin   avec des signes de traumatisme   de lui amener au centre de prise en charge en cas de besoin », a interpelé cette autorité.

Elle a par ailleurs appelé ceux qui auraient récupéré des marchandises ne leur appartenant pas à les restituer à leurs propriétaires, invitant les victimes à saisir la justice en cas de refus.

Enfin, le gouverneur a annoncé la mise en place d’une commission chargée de coordonner les opérations de nettoyage du marché. Une fois cette étape achevée, les commerçants pourront reprendre progressivement leurs activités.

 

« En vue de nettoyer le marché, une commission chargée de ça sera mise ne place pour   la reprise immédiate des activités », a lâché le gouverneur.

Cet incendie est le quatrième à ravager un marché burundais en moins de trois mois, une série de sinistres qui soulève de nombreuses interrogations sur les mesures de prévention, la sécurité des infrastructures commerciales et les capacités d’intervention des services de secours.

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