Les pêcheurs opérant sur la plage de pêche de Gitaza, au bord du lac Tanganyika, réclament la construction de nouveaux blocs sanitaires ou, à défaut, la vidange de celui existant, saturé depuis 2021. Avec la montée des eaux du lac cette année-là, les pêcheurs de Gitaza ont perdu leurs installations sanitaires. Par ailleurs, bien que la plage soit alimentée en eau potable, le seul robinet disponible est à sec depuis trois mois. Les pêcheurs réclament ainsi de meilleures conditions de travail.
Estimés à plus de dix mille en période de forte activité halieutique, ces pêcheurs ne disposent plus de blocs sanitaires depuis 2021, lorsque les inondations du lac Tanganyika ont envahi les abords de la plage. Tous les blocs sanitaires construits à la demande de l’Association nationale des pêcheurs sur les différentes plages ont été soit submergés par les eaux, soit détruits.
Sur la plage de pêche de Gitaza, il existait un bloc sanitaire composé de deux latrines, alimentées en eau et équipées de lavabos. Depuis les inondations, ce bloc est fermé, car il est saturé et n’a jamais été vidé. Selon les pêcheurs, l’accès aux latrines coûtait 200 francs burundais (200 BIF). Ils pensaient que les sommes collectées permettraient d’assurer la vidange une fois les installations remplies. Ils regrettent que cela n’ait jamais été fait.
En l’absence de latrines, les pêcheurs de Gitaza doivent se débrouiller. Ils paient soit 500 francs burundais (500 BIF) pour utiliser les sanitaires du marché de Gitaza, situé à proximité de la plage, soit ils demandent aux ménages voisins l’autorisation d’utiliser leurs toilettes. À défaut d’argent ou d’accord, ils sont contraints de trouver d’autres solutions, expliquent-ils.
À ces difficultés d’accès aux sanitaires s’ajoute la pénurie d’eau potable. Depuis trois mois, les pêcheurs de Gitaza dénoncent l’absence d’eau aux robinets de la plage ainsi que dans les ménages environnants. Selon eux, cette situation serait due à une panne sur une conduite d’alimentation. Ils signalent également l’absence de robinet, et donc d’eau potable, sur la plage de pêche de Nyamugari, au niveau de Ruziba.
Les pêcheurs rencontrés sur la plage de Gitaza plaident pour une amélioration de leurs conditions de travail afin de prévenir les maladies telles que le choléra et la maladie à virus Ebola, présente en République démocratique du Congo (RDC) voisine, comme le rappelle également le ministère burundais de la Santé.
L’Association nationale des pêcheurs regrette que tous les blocs sanitaires construits sur les plages de pêche le long du lac Tanganyika aient été détruits ou endommagés par les inondations. Gabriel Toyi, président de l’Association, estime qu’il revient désormais à l’administration communale d’identifier des terrains appropriés où de nouveaux blocs sanitaires pourront être construits. Il précise que cette requête a déjà été soumise aux autorités administratives.
En attendant une réponse, le président de l’Association nationale des pêcheurs appelle les pêcheurs à continuer de s’organiser comme ils le font déjà, tout en construisant des latrines provisoires dans l’attente d’une solution durable.
























