L’Observatoire de Lutte Contre la Corruption et les Malversations Economiques (Olucome) tire la sonnette d’alarme face à la recrudescence des incendies qui ravagent les marchés et espaces commerciaux du Burundi. Lors d’un point de presse de ce mardi 14 juillet 2026, son président, Gabriel Rufyiri, a dénoncé ce qu’il qualifie d’inaction des autorités publiques et a appelé à la mise en place d’une commission indépendante pour faire toute la lumière sur ces sinistres.
Selon Gabriel Rufyiri, les incendies à répétition causent des pertes économiques considérables, fragilisent les commerçants, affectent les recettes fiscales de l’État et aggravent les difficultés du secteur bancaire, les victimes peinant à rembourser leurs crédits.
L’Olucome rappelle que cette série de sinistres remonte à l’incendie du marché central de Bujumbura en janvier 2013. Depuis cette date, plusieurs marchés et galeries commerciales ont été détruits par le feu dans différentes régions du pays. Le dernier cas en date concerne le marché de Ngozi, parti en fumée dans la nuit du 9 juillet 2026. Selon l’organisation, ce marché constituait un important centre d’approvisionnement pour plusieurs provinces, dont Bujumbura et Gitega.
Pour Gabriel Rufyiri, la répétition de ces incendies, souvent enregistrés pendant la nuit ou à l’aube, soulève de nombreuses interrogations. Il regrette qu’aucune enquête indépendante et crédible n’ait permis jusqu’à présent d’identifier les causes de ces sinistres ni leurs éventuels auteurs.
« Le rôle du gouvernement dans la protection des personnes et de leurs biens est irremplaçable », a insisté le président de l’Olucome, estimant que les autorités ont la responsabilité d’assurer la sécurité des citoyens et de leurs activités économiques.
L’organisation critique également le manque de mesures préventives. Elle relève que plusieurs marchés sont construits sans respecter les normes de sécurité, notamment en matière de prévention des incendies. Beaucoup ne disposent ni d’extincteurs ni de voies d’accès adaptées pour les véhicules de lutte contre les incendies. L’Olucome déplore aussi l’absence d’une véritable politique nationale de prévention des catastrophes et le faible recours des commerçants aux assurances.
Gabriel Rufyiri s’est également montré critique à l’égard des déclarations du président de l’Assemblée nationale après l’incendie du marché de Ngozi. Selon lui, il est inapproprié de faire porter la responsabilité aux commerçants en raison de l’absence d’assurance, alors que la protection des personnes et de leurs biens relève d’abord de l’État.
Face à cette situation, l’Olucome formule plusieurs recommandations. L’organisation demande la création d’une commission nationale indépendante chargée d’enquêter sur les incendies, l’adoption d’une politique nationale de prévention des catastrophes, le renforcement des moyens de lutte contre les incendies dans toutes les communes, ainsi que la création d’un fonds d’indemnisation destiné aux victimes. Elle plaide également pour la généralisation de l’assurance des marchés et une meilleure sensibilisation des commerçants à la gestion des risques.
Pour Gabriel Rufyiri, seule une action rapide et coordonnée des pouvoirs publics permettra de restaurer la confiance de la population et d’éviter que de nouveaux incendies ne continuent de ruiner les commerçants et de fragiliser davantage l’économie burundaise.























