Le président de la Fédération nationale des syndicats du secteur de l’éducation du Burundi (FNASEB), Antoine Manuma, estime que la décision du ministère de l’Éducation nationale et de la Recherche scientifique de suspendre provisoirement les classes à faible effectif mérite une analyse approfondie avant sa mise en œuvre.
Dans une correspondance datée du 25 juin 2026 et adressée aux directeurs provinciaux de l’Éducation, le ministère ordonne la suspension provisoire des classes comptant moins de 25 élèves à l’école fondamentale et moins de 15 élèves à l’école post-fondamentale.
Pour Antoine Manuma, cette mesure pourrait produire des effets contraires aux objectifs recherchés. Selon lui, le transfert des élèves et des enseignants vers des établissements plus éloignés de leur domicile risque d’affecter les performances scolaires et de compliquer davantage l’accès à l’éducation.
Le président de la FNASEB estime que le gouvernement devrait d’abord s’attaquer aux véritables causes de la diminution des effectifs scolaires.
Il cite d’abord la planification de l’implantation des établissements scolaires. Selon lui, certaines écoles ont été construites dans des zones faiblement peuplées, tandis que d’autres ont été concentrées dans une même localité sous l’influence de certains décideurs ou ressortissants. À ses yeux, toute nouvelle implantation d’école devrait être précédée d’une consultation de la carte scolaire afin d’assurer une répartition équilibrée des infrastructures et d’éviter leur sous-utilisation.
Antoine Manuma attire également l’attention sur le phénomène du décrochage scolaire. Il fait remarquer que si le taux de scolarisation est élevé au début de l’école fondamentale, les effectifs diminuent progressivement au fil des cycles. Cette baisse s’accentue particulièrement au quatrième cycle, où les échecs aux examens de fin de cycle contribuent à l’abandon de nombreux élèves. Pour inverser cette tendance, il recommande des politiques favorisant le maintien des enfants à l’école, notamment par des mesures destinées à réduire la pauvreté qui affecte de nombreux ménages.
Le président de la FNASEB remet également en question le système d’orientation vers l’enseignement post-fondamental. Il estime que l’affectation des lauréats de la deuxième année ne tient pas suffisamment compte des résultats obtenus au concours national. Cette situation pousserait certains élèves à rechercher eux-mêmes des filières qu’ils jugent plus adaptées à leurs capacités, tandis que d’autres, orientés vers des sections imposées, échoueraient en grand nombre. Selon lui, ces échecs entraînent progressivement la fermeture de certaines classes, notamment dans les écoles post-fondamentales communales accueillant les élèves ayant obtenu les résultats les plus faibles.
Pour remédier à cette situation, Antoine Manuma plaide pour une réforme du système d’orientation afin que chaque élève soit dirigé vers une filière correspondant à ses aptitudes et à ses performances scolaires. Il recommande également de relever le seuil minimal d’admission dans l’enseignement post-fondamental, plutôt que de privilégier uniquement le remplissage des places disponibles.
À travers ces propositions, le président de la FNASEB considère que la réduction des classes à faible effectif ne constitue pas, à elle seule, une solution durable. Selon lui, seule une réforme prenant en compte les causes profondes de la baisse des effectifs permettra d’améliorer durablement le système éducatif burundais.
























