La Conférence mondiale sur l’intelligence artificielle (WAIC) 2026 et la Réunion de haut niveau sur la gouvernance mondiale de l’intelligence artificielle se tiennent à Shanghai du 17 au 20 juillet sous le thème : « Partenariat d’IA pour un avenir plus radieux ». Près de 1 400 participants venus de nombreux pays prennent part à cette rencontre, devenue l’un des principaux forums internationaux consacrés au développement et à la gouvernance de l’intelligence artificielle.
Au-delà des avancées technologiques présentées, cette édition met l’accent sur une question devenue centrale : comment garantir que l’intelligence artificielle profite à l’ensemble de l’humanité dans un cadre sûr, équitable et inclusif ?
L’intelligence artificielle transforme aujourd’hui en profondeur les sociétés. De la santé à l’éducation, en passant par l’agriculture, les transports, l’industrie, la recherche scientifique ou encore les services financiers, cette technologie modifie les modes de production, les pratiques professionnelles et les habitudes de vie à une vitesse inédite. Elle ouvre de nouvelles perspectives de croissance économique et d’innovation, mais soulève également des défis majeurs en matière d’éthique, de sécurité, de protection des données et de coopération internationale.
Dans ce contexte, les participants à la WAIC estiment que la gouvernance mondiale de l’IA ne peut plus reposer sur des approches dispersées ou des intérêts nationaux divergents. L’absence de règles communes risque d’accentuer les inégalités technologiques, de multiplier les usages non encadrés et de freiner une coopération internationale pourtant indispensable.
C’est dans cette optique que la Chine défend une approche fondée sur l’ouverture, la coopération et le partage des bénéfices de l’intelligence artificielle. Premier pays au monde en nombre de brevets liés à l’IA, elle estime que cette technologie doit être considérée comme un bien public international au service du développement de tous les peuples.
En 2025, Pékin a présenté un « Plan d’action pour la gouvernance mondiale de l’IA », articulé autour de cinq principes : le bien commun, l’équité et l’inclusion, la sécurité et la contrôlabilité, la justice et l’accessibilité, ainsi que l’ouverture à la coopération internationale. L’objectif affiché est d’encourager l’élaboration de règles communes permettant un développement responsable de cette technologie.
Lors de la cérémonie d’ouverture, le président chinois, Xi Jinping, a insisté sur la nécessité de renforcer la coopération internationale face aux défis posés par l’intelligence artificielle. Il a appelé les États à promouvoir une innovation responsable, à mieux prévenir les risques liés à cette technologie, à garantir sa sécurité et à favoriser le dialogue entre les différentes civilisations afin d’améliorer la gouvernance mondiale.
Le chef de l’État chinois a également annoncé plusieurs mesures destinées à réduire les inégalités d’accès à l’IA, notamment au profit des pays en développement. La Chine prévoit ainsi de mettre à disposition 5 000 places de formation spécialisée en intelligence artificielle au cours des cinq prochaines années. Des centres internationaux de coopération seront également créés avec plusieurs organisations régionales, notamment l’ASEAN, l’Union africaine, la Ligue des États arabes, la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes, l’Organisation de coopération de Shanghai et les BRICS.
Par ailleurs, la Chine entend accompagner une trentaine de pays dans l’utilisation du système d’alerte météorologique précoce MAZU, fondé sur l’intelligence artificielle, afin de renforcer la prévention des catastrophes naturelles et de mieux protéger les populations.
Autre fait marquant de cette rencontre internationale : la création, à Shanghai, de l’Organisation mondiale de coopération en matière d’intelligence artificielle. Cette nouvelle plateforme ambitionne de favoriser le dialogue entre les États, les institutions internationales, les entreprises et les chercheurs afin d’élaborer progressivement un cadre de gouvernance partagé.
À mesure que l’intelligence artificielle s’impose comme l’une des technologies les plus influentes du XXIᵉ siècle, la question de sa gouvernance devient un enjeu mondial. Pour les participants à la WAIC 2026, le développement de cette technologie ne pourra produire des bénéfices durables que s’il repose sur la coopération internationale, l’inclusion et la responsabilité collective.
Comme l’a résumé Xi Jinping, « le développement de l’IA ne doit pas être le solo d’un seul pays, mais la symphonie de la coopération internationale ». Un message qui traduit l’ambition de faire de l’intelligence artificielle un levier de développement partagé plutôt qu’un facteur de division entre les nations.
























