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La sardine marocaine à la conquête du Burundi : un marché en développement

Le Maroc s’impose depuis plusieurs années comme l’un des principaux exportateurs mondiaux de sardines en conserve. Ses produits, largement distribués sur différents continents, commencent également à se faire une place sur des marchés africains encore émergents, notamment en Afrique de l’Est. Au Burundi, les importations restent limitées mais révèlent un intérêt croissant pour ce produit.

Le Maroc figure parmi les premiers exportateurs mondiaux de sardines en conserve. Ses unités de transformation assurent une présence importante sur le marché européen, où elles détiennent une part significative des importations, notamment face à des concurrents comme l’Espagne et le Portugal. Le Royaume-Uni constitue également un débouché important pour les produits marocains.

Sur la période 2021-2025, les exportations de conserves de sardines marocaines se répartissent approximativement comme suit :

  • Europe : 45 à 50 % de la valeur totale (France, Allemagne, Espagne, Belgique, etc.) ;
  • Amérique : 25 à 28 % (principalement les États-Unis) ;
  • Afrique : 30 à 35 % des volumes, avec des niveaux de valorisation variables selon les marchés ;
  • Autres régions (Moyen-Orient, Asie, Caraïbes, etc.) : 5 à 8 %.

Une présence encore limitée en Afrique de l’Est

Les exportations vers l’Afrique sont principalement concentrées en Afrique de l’Ouest et centrale, avec des destinations majeures telles que le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Cameroun, la Guinée et le Gabon.

En revanche, les marchés d’Afrique de l’Est, dont le Burundi, restent encore peu développés pour ce produit. La région représente une part marginale des exportations marocaines de sardines, en comparaison avec les principaux débouchés du continent.

Le Burundi, un marché encore modeste mais stable

Entre 2021 et 2025, le Burundi a importé environ 101,6 tonnes de sardines en conserve en provenance du Maroc. Les volumes ont connu des variations : 40,6 tonnes en 2023, une baisse à 20,3 tonnes en 2024, puis un retour au niveau initial en 2025.

Le prix moyen observé sur la période s’établit à environ 4,10 dollars américains par kilogramme, ce qui place le Burundi dans une fourchette relativement élevée par rapport à certains marchés régionaux. Cette situation peut s’expliquer par la structure des circuits de distribution et la perception du produit comme un bien de consommation de qualité.

Une consommation déjà présente dans les habitudes locales

La sardine en conserve est déjà présente dans l’alimentation quotidienne d’une partie de la population burundaise, même si son origine est souvent méconnue. Des initiatives de promotion commerciale ont contribué à accroître la visibilité de produits importés lors d’événements publics, notamment à Bujumbura.

Un produit à forte valeur nutritionnelle

Sur le plan nutritionnel, la sardine est reconnue pour sa richesse en protéines, en oméga-3 et en micronutriments essentiels. Elle constitue une source alimentaire accessible dans plusieurs pays africains, en raison de son coût relativement abordable et de sa disponibilité sous forme conservée.

Les spécialistes de la nutrition rappellent régulièrement l’intérêt de ce type de poisson dans l’équilibre alimentaire, notamment pour les populations ayant un accès limité aux protéines animales.

Une filière structurée et tournée vers l’exportation

L’industrie marocaine des conserves de poisson repose sur une chaîne de valeur intégrée, allant de la pêche à la transformation industrielle et à l’exportation. Cette organisation permet au pays de maintenir sa compétitivité sur les marchés internationaux.

Le développement du secteur s’inscrit dans une stratégie plus large de valorisation des ressources halieutiques et de diversification des exportations.

Un potentiel encore à exploiter

Malgré une présence encore limitée, le marché burundais pourrait représenter une opportunité de croissance à moyen terme, en lien avec l’évolution de la consommation urbaine et l’amélioration progressive des circuits de distribution.

Cependant, les volumes actuels restent modestes et ne permettent pas encore de considérer le Burundi comme un marché stratégique pour les exportateurs marocains.

Du nord de l’Afrique aux rives du lac Tanganyika, la sardine marocaine s’inscrit progressivement dans les échanges commerciaux, sans pour autant constituer encore un marché de masse au Burundi.

 

Journaliste reporteur , fact-checker, créateur de contenus, responsable des réseaux sociaux à la Radio Indundi Culture, et contributeur wikimedien

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